Le terme « cosy game » est devenu incontournable ces dernières années, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les catalogues de jeux indés ou même sur les vitrines de plateformes comme Steam ou le Nintendo eShop. Mais que recoupe vraiment cette étiquette, et pourquoi suscite-t-elle autant d’engouement… mais aussi de débat ?
Un genre sans violence, mais pas sans intérêt
Un « cosy game », littéralement un « jeu douillet », désigne généralement un jeu vidéo à l’ambiance apaisante, souvent sans compétition, ni violence, ni pression de performance. On y cultive une ferme (Stardew Valley), on explore en vélo une nature poétique (Season: A Letter to the Future), on décore une maison, on cuisine, on jardine, on parle à des créatures étranges dans des mondes stylisés (Spiritfarer, A Short Hike, Cozy Grove…).
Ces jeux privilégient le rythme lent, l’attention au détail, la narration intimiste et les expériences sensorielles positives : couleurs douces, musiques apaisantes, feedbacks visuels plaisants.
Une explosion depuis les années 2020
Si des titres comme Harvest Moon ou Animal Crossing existaient depuis longtemps, le « cosy » en tant que catégorie assumée a vraiment explosé après le succès fulgurant de Animal Crossing: New Horizons pendant la pandémie, à un moment où le public cherchait du réconfort. Depuis, une communauté très active s’est développée, notamment sur YouTube et TikTok, autour de sélections de jeux relaxants, de lives « chill » et de critiques bienveillantes.
Des jeux injustement dévalorisés ?
Longtemps, ce type de jeu a souffert d’un mépris diffus, souvent qualifié de « jeu de fille », de « jeu pour enfants », ou de « non-jeu ». Cette critique implicite renvoie à des stéréotypes de genre tenaces dans l’industrie vidéoludique : ce qui est centré sur l’action, la compétition et l’adrénaline serait « sérieux », tandis que les expériences calmes, créatives ou émotionnelles seraient « superficielles ».
Heureusement, les lignes bougent : de plus en plus de studios osent revendiquer la douceur comme un propos artistique à part entière, et des festivals ou prix récompensent désormais ces titres aux univers uniques.
